Une équipe de l’université d’Aix-Marseille a identifié une région responsable de l’évaluation et de la correction de nos mouvements.

Des électrodes directement implantées dans le cerveau ont permis de mesurer précisément l’activité de l’aire motrice supplémentaire.JEFF J MITCHELL / GETTY IMAGES EUROPE / GETTY IMAGES/AFP

CERVEAU. Une expérience dont les résultats ont été publiés dans la revue Science ce vendredi 21 février a permis à des chercheurs de l’université d’Aix-Marseille d’identifier la région cérébrale qui commande l’évaluation et surtout la correction de nos mouvements.

La région du cerveau en question est nommée aire motrice supplémentaire (l’AMS) avait déjà été identifiée par électro-encéphalographie comme étant impliquée dans la correction d’erreur. Dans cette expérience réalisée par une équipe Inserm de l’université Aix-Marseille, des électrodes directement implantées dans le cerveau ont permis de mesurer précisément l’activité de cette aire.

Un système d’évaluation de la réponse

Il a été demandé à des patients (opérés pour diagnostiquer le foyer épileptogènes) d’exécuter une tâche simple : presser un bouton avec le pouce droit si une lumière verte s’affiche à droite et presser un autre bouton avec le pouce gauche si une lumière rouge s’affiche à gauche. La consigne était de répondre le plus rapidement possible.

RÉSULTATS. Quand le patient répondait correctement, l’activité de l’aire motrice supplémentaire était faible, et lorsqu’une erreur était faite, l’activité de cette aire augmentait. Le pic d’onde ne se situait que 30 millisecondes après le début de l’action, avant même que le bouton soit enfoncé. 

Un véritable signal d’alerte précoce de l’erreur

Franck Vidal, un des chercheurs ayant mis en place cette expérience explique que ce système d’évaluation de la réponse donne un signal d’alerte dont l’amplitude est modulée par la performance. Ce signal s’interrompt vite quand tout va bien et maintient son activité tant que la réponse n’est pas corrigée.

Franck Vidal ajoute que l’activité musculaire mesurée pendant une mauvaise réponse était plus faible : le bouton est enfoncé avec moins de force. D’autres régions interviendraient pour atténuer la réponse erronée et tenter d’annuler l’action. Les résultats de l’expérience ne donnent pas de précisions sur ces autres régions impliquées.

Un mécanisme inconscient

« Ce mécanisme d’évaluation de l’erreur est inconscient et fonctionne en parallèle des fonctions motrices qui s’opèrent », complète le chercheur. Pour autant, certaines conditions peuvent changer l’efficacité de ce système d’alerte : dans le cas de troubles obsessionnels par exemple, la vigilance et la réponse de cette aire sera plus forte. En revanche, son efficacité diminuera en cas de prise d’alcool, de benzodiazépines ou dans la maladie de Parkinson.

Un système indispensable à notre adaptation

Pour expliquer la notion de correction de mouvement, l’étude donne l’exemple du joueur de tennis qui raterait son premier service et corrigerait son mouvement pour que la balle tombe au bon endroit. En dehors du terrain de tennis, la capacité à évaluer les résultats de nos actions permet de repérer si elles nous mènent vers un problème ou un danger et représente donc une fonction indispensable à notre adaptation.

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Sofiane BAKHOUCHE

Sofiane BAKHOUCHE

?️F.E.S.T Directeur de la Pédagogie FEST et de la Recherche, formateur d’enseignants, de formateurs et de cadres pédagogiques ?Consulting for a successful Digital Transformation??️change management???

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